TARIGÂ-I-KWAJAGAN

Les huit règles de la voie des maîtres

Tariqâ-i-Kwajagan
(Kwaja Abd al-Khaliq Ghujduwani-XI siècle)


1- Hosh dar dam. Présence à soi.
Chaque fois que cela sera possible, on veillera à maintenir et en silence la présence à soi au moyen de la respiration consciente. La respiration consciente joue un rôle capital dans la cohésion et la stabilisation des états psychiques.

2- Nazar bar qadam. Évitez les faux pas!
De la racine Q-D-M, qui exprime les concepts de source, origine, préexistence, et d'où dérivent plusieurs mots tel que: pas, pied, influence, autorité, mais aussi Dieu, éternité...il s'agit de garder à l'esprit le but à atteindre et de demeurer dans l'instant présent, chaque pas se suffisant à lui-même.

3- Safar dar watan. Voyage de retour chez soi.
L'homme doit comprendre qu'il lui est possible de passer du monde subjectif au monde objectif, de faire retour à l'absolu. Pour cela, il doit devenir conscient de sa destinée afin de la réaliser pleinement, et non demeurer dans le rêve du monde subjectif. À cette fin, il doit voyager en lui-même, connaître les différents aspects de son «moi inférieur», et aussi les états qu'il traverse.

4- Khalwat dar anjuman. Solitude dans la foule.
Le soufi doit se détacher du monde, c'est-à-dire «être extérieurement avec les gens et intérieurement avec Dieu». Ce détachement doit s'opérer à l'égard du monde des phénomènes, du monde des objets, ainsi que de tous ceux que nous considérons provisoirement comme «autres que nous», selon la parole du prophète Mohammed: «Soyez dans ce monde comme un étranger, un passant.» Ce détachement passe également par la non-identification. Il y parviendra par l'observation détaché de soi.

5- Yad kard. Souvenir et unité intérieure.
Le soufi veillera à réaliser l'unité de pensée, de parole et d'action, et non à fonctionner comme une machine soumise à ses désirs ou à des influences extérieures.

6- Baz gasht. Ne viser qu'un seul but.
Le but de tous nos efforts se trouvant en nous. Discipline, exercise de la patiente. Conscience que rien, pour ce but, n'est vraiment extérieur à soi. Le monde intérieur comme le monde extérieur, le but à atteindre, les autres, les phénomènes, la loi de la naissance et de la mort, tout se joue en nous, à l'intérieur de la seule conscience.

7- Nigah dasht. Vigilance ou rappel de soi.
Ouverture aux énergies positives de la voie, absence de tension. À un degré supérieur, le soufi devra comprendre que le monde de l'état de veille et celui de l'état de rêve ne sont rien d'autre que des mondes illusoires, des mondes de rêves, tous deux impermanents. Il devra apprendre à retirer son attention de tout ce qui est inutile pour se rappeler lui-même consciemment.

8- Yad dasht. Remémoration.
Le soufi veillera à examiner ses actes passés et présents, fût-ce en faisant remonter à la surface de la conscience des souvenirs enfouis, et ce afin de liquider l'inconscient, obstacle principal à la réalisation du ici et maintenant.

 

Les maîtres de la voie Kwajagan ont également distingué
quatre étapes dans le processus de libération
:

 

1- Fana-i-ahkam: Désenchantement, désillusion vis-à-vis du monde extérieur - le monde des corps. Conscience que rien, dans ce monde comparable à un mirage du fait de son impermanence, ne pourra apporter le bonheur suprême.

2- Fana-i-afal: Prise de conscience radicale que ce que nous appelons notre «monde intérieur» (pensées, rêves, émotions, imaginations, opinions, raisonnements, désirs, peurs, etc.) n'est, lui aussi, qu'un monde de rêve!

3- Fana-i-sifat: C'est le stade où l'homme a cessé d'être une machine et où il est capable d'actes libres de volonté. Il agit, mais ne réagit plus. C'est le lieu de l'équilibre et de la paix. Ce monde correspond aux états supérieurs de l'Être.

4- Fana-i-zat: C'est le stade suprême, celui de l'entière libération du moi et de l'accès à la réalité absolue.

 Kwaja Abd al-Khaliq Ghujduwani-XI siècle...

 

 

 



 

Date de dernière mise à jour : 07/12/2012

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