HINDOUISME

Hindouisme

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Char de procession pour le pélerinage de la Kumbhamela, en 2001

L’hindouisme, ou sanātanadharma (Sanskrit devanāgarī: सनातनधर्म - « Loi Éternelle »), est l'une des plus vieilles religions du monde encore pratiquées. Son origine remonte à la civilisation de l'Indus (Sindhou), première manifestation de la culture indienne apparue aux environs du IIIe millénaire av. J.-C.

Avec près d'un milliard de fidèles, l'hindouisme est actuellement la troisième religion la plus répandue dans le monde après le christianisme et l'Islam.

La pratique hindouiste est issue d'une tradition orale très ancienne.
La particularité de l'hindouisme est de n'avoir ni prophètes ni dogmes centraux. Cependant, les hindous croient en l'autorité du Veda, qui, selon la Tradition, furent révélés par Brahmā aux hommes, grâce à la « vision » des Rishis.

L'hindouisme se présente comme un ensemble de concepts philosophiques issus d'une tradition remontant à la protohistoire indienne.

Cette religion a assimilé les croyances et les philosophies venues des nombreuses conquêtes et invasions qui se sont déroulées sur le sous-continent indien. En conséquence, l'hindouisme a beaucoup évolué au cours du temps, des cultes phalliques ou de déesses-mères, présent dans la religion harappienne, à sa forme triadique, en passant par le védisme aryen, polythéiste et aniconique, et le brahmanisme ; néanmoins, cette façon de segmenter l'histoire de l'hindouisme a ses limites (les sources historiques sont faibles), et à relativiser : d'ailleurs, les hindous ne l'acceptent pas, et voient leur religion comme un ensemble de croyances, de rites et de sagesses qui viennent d'un passé immémorial, – ensemble religieux tirant son unité par le fait que la première des valeurs – valeur suprême qui sous-tend toutes les autres – doit être l'ahimsâ[5] ; il n'y a pas de civilisation hindoue si la première des valeurs de cette même civilisation ne demeure pas l'ahimsâ.

Au-delà du syncrétisme théologique, l'hindouisme d'avant les invasions islamiques et le colonialisme européen qui soumirent l'Inde à leur autorité[7], était un vecteur pour toutes les sciences : le droit, la politique, l'architecture, l'astrologie, la philosophie, la médecine, etc., comme d'autres savoirs qui avaient en commun le substrat religieux.

  

Étymologie

Hindū, ou hindou, est le nom persan désignant l'Indus, d'abord rencontré dans l'ancien persan, correspondant au mot védique sanskrit Sindhu, – l'Indus. Le Rig Veda mentionne la terre des Indo-Aryens comme Sapta Sindhu (la terre des sept rivières du nord-ouest de l'Asie du Sud, l'un d'entre eux étant l'Indus). Cela correspond à Hapta Həndu dans l'Avesta (Vendidad ou Videvdad 1.18) - l'Ecriture sacrée du Zoroastrisme. Le terme était utilisé par les hommes vivant à l'ouest de l'Indus, pour nommer les peuples qui habitaient dans le sous-continent indien, à partir, ou au-delà, du « Sindhu ». Dans l'Islam, le terme que l'on trouve dans les textes arabes - Al-Hind - se réfère aussi à la terre du peuple vivant sur le territoire de l'Inde moderne.

Le terme persan (persan ancien : Hindūk, en persan : Hindū) fit son entrée avec les invasions islamiques, officiellement avec le Sultanat de Delhi et apparaît à la fois en Inde du Sud et dans des textes cachemiriens à partir du 1323 ap. J.-C., puis, de plus en plus communément, sous la colonisation britannique. En conséquence, le terme « hindou » ne vient pas des peuples « hindouistes » eux-mêmes, bien qu'il ait fini par être adopté et assimilé par les « hindous ». Depuis la fin du XVIIIe siècle, le mot a été utilisé comme un terme général pour la plupart des traditions religieuses, spirituelles et philosophiques du sous-continent, mises à part les religions d'origine indienne distinctes comme le sikhisme, le bouddhisme, ou le jaïnisme. Ainsi, selon ce point de vue, un hindou est celui qui respecte la philosophie exposée dans les Vedas (le mot Veda peut être traduit par savoir), et accepte son autorité.

Le terme Hindou a été introduit dans le monde occidental par le biais de la langue anglaise. En France, jusqu'au XIXe siècle, on utilisait le terme de brachmanisme, ou de « religion des brachmanes ».

L'hindouisme ou sanâtana dharma (« ordre socio-cosmique éternel ») s'apparente davantage à un substrat culturel, un mode de vie ou de pensée, qu’à une religion organisée. Ce qu'on appelle « hindouisme » aujourd'hui est la tentative de rassembler les croyances disparates issues de l'ancien panthéon védique éclipsé par la popularité de Shiva, de Vishnou ou de Krishna.

L'hindouisme est aussi appelé religion aryenne (Arya Dharma), ce qui signifie religion noble. On trouve aussi le terme de Vaidika Dharma (la religion védique).

Définition de l'hindouisme par la Cour suprême de l'Inde

En 1966, la Cour suprême de l'Inde a défini le cadre de la foi hindoue comme suit :

  1. l’acceptation respectueuse des Vedas en tant que plus Haute Autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l’acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindoue,
  2. l’esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier le point de vue de l’adversaire, basé sur la révélation que la vérité comporte plusieurs apparences,
  3. l’acceptation des six systèmes de philosophie hindoue et d’un rythme du monde qui connaît des périodes de création, de conservation et de destruction, périodes, ou yuga, se succédant sans fin,
  4. l’acceptation de la croyance dans la renaissance et la pré-existence des êtres,
  5. la reconnaissance du fait que les moyens ou les manières d’accéder au salut (moksha) sont multiples,
  6. le fait que, malgré le nombre des divinités à adorer, on peut être hindou et ne pas croire qu’il faille adorer des idoles,
  7. à la différence d’autres religions, ou croyances, la religion hindoue n’est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.

Histoire de l'hindouisme

La civilisation de la vallée de l'Indus, datant de l'âge du bronze, présente des éléments comparables à ceux de l'hindouisme, tel que les bains, les symboles phalliques comparés au Shiva lingam ainsi que des Svastika[16]. Un sceau découvert sur le un site de Mohenjo-daro est parfois considéré comme une représentation d'un proto-Shiva, mais cette interprétation n'est pas reconnue par toute la communauté scientifique. D'une façon générale, la nature exacte des relations entre la religion de la civilisation de la vallée de l'Indus et l'hindouisme restent conjecturales.

C'est durant la période védique, à l'âge de fer, entre 1500 et 800 avant J.-C, que les quatre Védas qui constituent les textes fondateurs de l'hindouisme sont composés. Les rites principaux du védisme concernent le yajña, le sacrifice védique en l'honneur des deva. Plusieurs divinités du Rig-Veda ont été ensuite reprises ou révisées par l'hindouisme.

De 1000 à 600 avant J.-C, la portion concernant les mantras est complétée et le brahmanisme est florissant. Mais des textes comme le Shatapatha Brahmana viennent s'attaquer au ritualisme rigide et à l'élitisme de cette époque afin de favoriser l'approche mystique. C'est également durant cette période qu'apparaît le Bouddha.

Au Moyen Âge, l'hindouisme, par le biais du théisme, retrouve un nouvel essor. L'hindouisme que l'on connaît aujourd'hui est principalement issu de ce nouveau courant qui a profité du déclin du bouddhisme des IVe siècle et Ve siècle.

Au XXe siècle, l'hindouisme se répend hors de l'Inde et en particulier en Occident. Vivekananda fait une première présentation en 1893 au Parlement mondial des religions à Chicago.

Les écritures sacrées

Les écritures sacrées de l’Inde antique se classent grossièrement en trois catégories.

  • les Védas, les écritures antiques de la religion védique de laquelle l’hindouisme moderne dérive. Les Védas sont considérées comme les écritures religieuses les plus anciennes du monde.
  • les écritures hindoues post-védiques.
  • l'ensemble les écritures des mouvements dissidents comme le bouddhisme et le jaïnisme. Ceux-ci étaient en grande partie des réactions contre les Védas, mais ils ont beaucoup emprunté aux deux premières, en termes d’enseignement et de conception générale de la vie.

La Śruti : Les Védas

Passage en sanskrit du Rig-Veda

On s’accorde à penser que les Védas sont les textes religieux les plus anciens au monde. Les Védas sont considérés comme Shrouti (révélés) par les hindous. On dit qu'ils sont révélés par le Brahman aux sages/scombres (rishis), alors que ces derniers étaient en méditation profonde. Les idées exprimées dans les Védas ont été, tout d’abord, transmises oralement de père en fils et de professeur à disciple. Par la suite, ces idées, qui circulaient depuis longtemps, auraient été codifiées et compilées par un sage appelé Vyaça (littéralement, le compilateur, bien que le nom puisse avoir désigné un groupe de personnes personnifiées pour les besoins de la tradition). Sur la base d’indices internes et externes, les chercheurs ont avancé diverses dates pour l’origine du Véda, s’étendant approximativement de 5000 av. J.-C. à 1500 av. J.-C..

Dans la vision hindoue traditionnelle, les Védas seraient non personnels et sans commencement ni fin, ce qui signifie que les vérités décrites dans les Védas sont éternelles et qu’elles ne sont pas des créations de l’esprit humain, ce en quoi elles diffèrent des enseignements du bouddhisme et du jaïnisme .

Il y a quatre Védas : le Rig-Veda, le Yajur-Veda, le Sama-Veda et l’Atharva-Veda plus tardif. Le Rig-Veda contient des mantras pour invoquer les devas pour les rites de feu-sacrifice ; le Sama-Veda, c'est le cantique, avec des notations musicales ; le Yajur-Veda a des véritables instructions pour les sacrifices ; et le Atharva-Veda comprend des charmes philosophiques et demi-magiques (sic) — des charmes contre les ennemis, les sorciers, les maladies et les erreurs pendant le rite sacrifiant. Chacun est divisé en quatre sections :

  • les Samhitâ : les mantras et les hymnes ;
  • les Brâhmana : les textes liturgiques et de rituel ;
  • les Âranyaka : la section théologique ;
  • les Upanishad : la section spéculative.

Les Vedas sont constitués de textes mystiques et d'allégories. Beaucoup d'écoles comme celles issues de l'Advaita Vedānta encouragent leurs élèves à interpréter les Veda philosophiquement et métaphoriquement, mais pas trop littéralement. Le son des mantras védiques (et du sanscrit lui-même) est considéré comme « purifiant » par beaucoup d'hindous, cela implique la rigueur dans la prononciation. La tradition orale rigoureuse de transmission des Vedas a permis qu'il soit préservé dans le temps.

La religion védique, que l'on pense issue de l'invasion aryenne, en particulier dans sa période archaïque, était différente de l’hindouisme actuel par de nombreux aspects : en particulier la référence aux femmes comme autorité religieuse (avec existence de femmes rishis), (sanskrit, rsi : sage) ; le védisme était aniconique (l'idolâtrie était en revanche une pratique des autochtones, les dravidiens, pratiquant la zoolâtrie, le culte des arbres et des fleuves — voir à religion harappienne, Gange et vache sacrée) ; et un panthéon nettement différent, avec Indra comme « roi des dieux », et de rares mentions de la trinité postérieure de Brahmâ, Vishnou et Shiva (qui sont, par la suite, devenus les dieux principaux)). Les Aryens ont exécuté des feux-sacrifices appelés yajña, avec le chant des mantras védiques, mais ils ne construisaient pas de temples, d'idoles ou d'icônes (encore une fois : contrairement aux autochtones dravidiens). Les animaux ont probablement été également sacrifiés dans quelques plus grands yajñas, comme dénoncés par les textes bouddhistes et jain.

La Smriti : Les écritures hindoues post-védiques

Passage du Mahâbhârata

Les Vedas sont désignés sous le nom de Shruti (ce qui est révélé). Les livres plus récents sont appelés Smriti (ce qui est rappelé ou mémoire/tradition). Tandis que la littérature shruti est écrite en sanskrit védique, les textes smriti sont en sanskrit classique (plus facile), et pour certains, en prâkrit, ou langue commune. Puisqu’accessible à tous, la littérature smriti a connu une grande popularité dans toutes les couches de la société indienne, et ce dès le début. Aujourd’hui même, la plus grande partie du monde hindou est plus familière avec le smriti qu’avec la littérature shruti réservée (tardivement) à la caste dominante des brahmanes. La smriti correspond ainsi à la littérature populaire, et, en tant que telle, elle est théoriquement moins ardue que la shruti (la shruti remontant à l'aube de l'Inde c'est-à-dire à l'époque védique, est aujourd'hui, du fait de son langage et son vocabulaire, sujet à interprétation). La smriti (collection de 36 textes selon Paithina) est le pendant populaire de la shruti, à travers l'histoire des Dieux et des héros, elle instruit sur la pensée indienne. Les écritures révélées ou Shrutis font autorité sur les écritures mythologiques ou Smritis et cela indépendamment du sujet traité. La majorités des livres de la Smirti font référence aux écritures sacrés des Vedas ; leur but est de décoder les messages ancestraux et de les enseigner à la population. Cette seconde littérature n'est pas pour autant de moindre valeur, elle est au contraire très riche et offre des dialogues philosophiques très poussés.

La littérature smriti inclut :

  • les Itihâsas : les épopées comme le Rāmāyana, le Mahābhārata (avec sa partie, la Bhagavad-Gita).
  • les Purânas ou textes mythologiques centrés sur un aspect particulier du divin. Ils sont au nombre de 18 pour les principaux, ce sont les écrits les plus populaires de l'Inde : l'hindouisme actuel leur doit beaucoup.
  • les Âgama(s), traités théologiques au nombre de 28 qui sont complétés par les Upâgama (Âgama mineurs) et
  • les Darshanas, textes philosophiques.
  • Les Dharmashâstra(s) (ou livres de loi) font également partie du smriti. De temps en temps, apparaissent de grands législateurs (comme par exemple Manu, Yajnawalkya et Parasara) qui codifient les lois existantes et éliminent les règles désuètes pour s’assurer que la façon de vivre hindoue reste conforme à l’esprit védique tout en étant en accord avec le temps présent. Mais puisque la religion hindoue n'a pas de dogme, ces textes de Smriti ne sont pas obligatoirement suivis par la plupart des hindous. En fait, quelques personnes disent que les Britanniques ont popularisé le Manu-Smriti pour imposer un code uniforme de loi aux hindous.

La philosophie hindoue décrite dans les épopées et les Puranas est centrée d'abord sur celle de la doctrine de l’avatar (incarnation, partielle ou totale, d'un dieu en être humain). Les deux avatars principaux de Vishnou qui apparaissent dans les épopées sont Râma, le héros du Râmâyana, et Krishna, le protagoniste majeur du Mahâbhârata. À la différence des devas de la Samhitâ védique et du concept abstrait de Brahman issu des Upaniṣad (qui décrivent le divin comme étant omniprésent, impersonnel et sans forme), les avatars de ces épopées sont des intermédiaires humains entre l’être suprême et les mortels qui offrent une idée du divin plus moderne et accessible. Dieu y est décrit comme personnel et proche de sa création (dans le Bhagavata Purana, Krishna est un pâtre, sa création son troupeau).

Cette doctrine a eu un grand impact sur la vie religieuse hindoue, parce qu’elle montre que Dieu s’est manifesté sous une forme qui pourrait être appréciée même par le plus modeste des hommes. Râma et Krishna sont depuis des milliers d’années des manifestations du divin, aimées et adorées des hindous. Le concept du brahman des Upanishad est assurément le pinacle de la pensée religieuse indienne, mais le concept des avatars a certainement eu plus d’influence sur l’hindou moyen. Les hindous attachent plus d'importance à l'éthique et aux sens métaphoriques transmis par ces textes, qu'à la mythologie littérale.

Cosmogonie et divinités

Fronton du Temple Narassigua Péroumal de Saint Pierre de La Réunion le lundi 24 mai 2010. Une partie de la cosmogonie hindouiste y est représentée.

La cosmogonie hindoue enseigne que le principe de toute vie, de tout progrès, de toute énergie, réside dans les différences, les contrastes.

La cosmogonie hindoue est la théorie hindouiste de la création de l'univers et de son image.
Celle-ci est caractérisée par un recours constant au chiffre 7.

Le monde a été créé en forme d'œuf (l'« œuf de Brahmâ »). La moitié supérieure de l'œuf cosmique se divise en sept zones : les trois premières, terre, air et ciel, forment ensemble le triloka (« trois mondes ») et sont surmontées par quatre régions célestes constituant la demeure des dieux.
La moitié inférieure de l'œuf cosmique comprend sept régions infernales (patala), qui forment des étages et sont habitées par des démons et des serpents.
Au-dessous de l'œuf cosmique se trouve l'Océan primitif, formé par sept autres zones infernales.
La Terre est divisée en sept continents entourés de sept mers.

Le Brahman

Le Dieu des Védas, dans l'acception panthéiste voire panenthéiste du terme, est le Brahman (prononcé comme /brəh mən/), qui est la Réalité Ultime, l'Âme Absolue ou Universelle (Paramatman), l'Un.

« Tu es la femme. Tu es l'homme. Tu es l'abeille bleue et le vert papillon aux yeux rouges. L'éclair est ton fils. Tu es les saisons et les mers. Tu es le Tout, tu es l'omniprésent ; tout ce qui est naît de toi. »

— Oupanishad.

Le Brahman est l'indescriptible, le neutre, l'inépuisable, l'omniscient, l'omniprésent, l'original, l'existence infinie, l'Absolu transcendant et immanent (voir panenthéisme), l'éternel, l'Être, et le principe ultime qui est sans commencement et sans fin,– dans l'univers entier. Le Brahman (qui ne doit pas être confondu avec la divinité Brahmâ ou le nom des prêtres hindous, les brâhmanes) est vu comme l'Âme Cosmique.

Cet Absolu, que les hindous désignent aussi par le nom de tat en sanscrit (« Cela ») est par sa nature même impossible à représenter. L'Absolu est tantôt manifesté : Tat Tvam Asi (तत्त्वमसि : Tu es Cela), ou « Tout cela est Brahman » disent les Ecritures, tantôt non-manifesté : « le Brahman est Vérité, le monde est Illusion », disent aussi les Ecritures.

« Il se meut et il ne se meut pas, il est loin et il est proche. Il est au-dedans de tout et il est au-dehors de tout. »

— Iça Oupanishad.

Il est parfois évoqué un Brahman supérieur, le Parabrahman. Le Brahman peut en effet être considéré sans attributs personnels, sans forme (Nirgouna Brahman), d'une façon totalement abstraite, ou avec attributs, avec forme, au travers de la multitude des divinités (Sagouna Brahman).

Trimūrti

Article détaillé : Trimoûrti.

La nature du Brahman ne l'empêche pas de se manifester sous la forme d'un dieu personnel. L'hindouisme, selon les courants religieux, donne divers noms au dieu personnel. Un nom général existe cependant, celui d'Ishvara (litt., « le Seigneur Suprême »), terme surtout philosophique, car, dans la pratique du culte et de la vie quotidienne, on ne s'adresse guère qu'à l'un des membres de la Trimourtî : (Shiva et Vishnou, et, plus rarement, Brahmâ (puisque ce dernier, en créant les créatures vivantes, engendre le samsara, le cycle des réincarnations que l'on doit abandonner, « opposé » à Moksha, la libération).

Les dieux personnels majeurs sont ceux de la Trimūrti. Ce sont Brahmâ, Vishnou et Shiva, qui correspondent respectivement à l'action créatrice, conservatrice et destructrice de l'Absolu transcendant (Brahman). Ils représentent trois aspects inséparables de la structure de l'Univers.

Dans les manifestations personnelles (divinités) du dieu impersonnel (Brahman), l'hindouisme est une religion polythéiste ; à ce titre, cette religion comporte une variété et une diversité (le chiffre est parfois considéré symbolique) de 330 millions de divinités.

« Si dans la Multitude nous poursuivons avec insistance l'Un, c'est pour revenir avec la bénédiction et la révélation de l'Un se confirmant dans le Multiple. »

— Shrî Aurobindo.

L'hindou peut vénérer le Brahman sous la forme d'une divinité de son choix, sans pour autant rejeter l'existence d'autres divinités, considérant Ganesh, par exemple, comme l'incarnation suprême du Brahman (cet hindou sera un ganapatya, et shivaïte) : dans ce cas, l'hindouisme est un hénothéisme. Néanmoins, selon cet aphorisme du Brahmanoûtchîntamam :

« Celui qui adore un Dieu comme différent de lui, en pensant : " il est un autre. Je suis un autre", cet homme ne connait pas le Brahman : il est pareil à un animal pour les Dieux. »

Dans l'hindouisme, il n'y a pas de conflit entre polythéisme et monothéisme : la religion, la philosophie et les théories qui les accompagnent ne sont que des chemins qui tentent de décrire le (Brahman) au-delà duquel il n'y a plus rien, et la manière de se fondre en lui.

Depuis Dumézil qui a mis en lumière la fonction triadique dans les civilisation Indo-Européenne, un parallèle formel entre la trimurti et la trinité chrétienne peut être établi (ce qui n'induit pas un rapprochement théologique entre les traditions chrétiennes et hindoues) : en effet, en Inde, on représente la divinité comme triple, on appelle ce principe la trimurti dans le panthéon hindou : Brahma, Vishnu et Shiva, sont trois aspects du divin. Brahma désigne symboliquement le créateur, Vishnu représente le conservateur et Shiva représente le destructeur dans le cycle de l'existence. Cette triple Nature se rapprocherait de l'énoncé du européen médiéval : spiritus, anima, corpus[28].

L'hindouisme est une religion dont les différentes divinités sont, aujourd'hui, considérées comme les formes différentes d'une même expression divine sous-tendue par une réalité ultime. La question, sur la nature exacte de cette dernière (immanente ou transcendante, personnelle ou impersonnelle) dépend des différents courants. Selon Ananda Coomaraswamy, le culte des puissances de la nature dans l'hindouisme doit être compris dans le sens de "natura naturans est deus", « lesdites puissances ne sont que les noms des actes divins »[29]. Depuis la Chandogya Upaniṣad[30], cette philosophie de l'unité divine est devenue très importante dans la littérature sacrée. Le mantra Tat Tvam Asi (तत्त्वमसि  : Tu es Cela) célèbre cette unité de la création avec son créateur, qu'il soit personnel ou impersonnel. Cette complexité de l'Hindouisme ne transparaît que relativement peu dans la pratique populaire, le peuple étant tenu à l'écart des livres sacrés encore réservés à l'élite cultivée. Un épisode du Srimad BhagavatamUNIQ3b87ef6d2fb564-nowiki-0000008E-QINU31UNIQ3b87ef6d2fb564-nowiki-0000008F-QINU met en avant cette réalité : le dieu Krishna, avatar de Vishnu, demande aux habitants de Vrindavan d'abandonner le culte d'Indra au sien, puisque Krishna se présente comme le Dieu suprême dont Indra n'est qu'un fragment.

Divinités majeures et mineures

 Articles détaillés : Divinités du Sanatana Dharma et Avatar (hindouisme).

Les diverses incarnations (avatar) de la Trimurti (Krishna est un avatar de Vishnou) sont des divinités majeures. Les divinités mineures sont des créations ou des procréations des divinités majeures. Ganesh, qui est une divinité importante dans l'hindouisme, est lié à Shiva en tant que procréation ou création selon les mythes développés à son sujet.

Les dévas

Statue de la divinité Lajjagauri ; on la nomme Lajjagauri (« déesse timide »), à cause de son visage en forme de fleur, qui symbolise l'impersonnalité[32], (ou l'immanence). Le corps féminin : la Nature, et les cuisses écartées : soit l'enfantement réalisée du Monde phénoménal (les femmes indiennes accouchent accroupies), soit la possibilité de fertiliser une Nature domestiquée (déesse agraire).

La religion hindoue croit en l'existence d'entités célestes appelées devas (ou dévas).
Le féminin de deva est devî (ou dévî). La question de la nature de ces devas peut être analysée selon ces trois points :

  1. Selon la philosophie de l’Advaita Vedānta, et certains passages de la Bhagavad-Gîtâ, des Upanishads et des Vedas ; tous les devas sont les manifestations sous une forme mondaine du Seigneur suprême (Îshvara). Le dévot conçoit des formes anthropomorphiques de Dieu dans son esprit afin de l'adorer. Le Rig-Veda dit : ekam sat vipra bahudha vadanti — « Le Vrai Dieu est Un, bien que les sages s'adressent à lui par des noms multiples ». Ce point de vue est celui que considère strictement la secte de Smarta.
  2. Selon les philosophies du Nyâya, du Vaishéshika, du yoga, de certains vers de la Shruti et de certaines pensées Shivaites et Vaishnavites, les devas sont ces êtres célestes subordonnés au Seigneur suprême (Îshvara), mais sont au-dessus des humains.[réf. souhaitée]
  3. Selon la philosophie de la Mimâmsâ, tous les devas et devîs sont les souverains des forces de la nature et Îshvara n'existe pas[réf. souhaitée]. Pour faire en sorte qu'un désir soit réalisé, les humains doivent plaire à un ou plusieurs de ces devas et doivent les adorer avec des rites rigoureusement codifiés.

Les textes védiques les plus anciens recensent 33 devas. Par la suite, des chiffres exponentiels (jusqu'à 330 millions) ont été créés, mais toujours en gardant à l'esprit que le Brahman est omniprésent. Plus précisément, les écritures hindoues et la plupart des pensées Shaivites et Vaishnavites considèrent le deva comme une combinaison de deux premiers points de vue ; par exemple, Krishna est considéré comme Îshvara et tous les dieux lui sont subordonnés, et simultanément, tous les autres dieux sont vus comme les manifestations mondaines de Krishna. Mais la troisième conception n'est pas mentionnée dans les écritures.[réf. souhaitée]

Quelle que soit la nature des devas (aussi appelé dévatâs), ils sont une partie intégrante de la culture hindoue. Les 33 devas védiques incluent Indra, Agni, Soma, Varuna, Mitra, Rudra, Prajâpati, Vishnu, Aryaman et les Ashvins ; les devîs importantes étaient Sarasvatî, Ûshâ et Prithivi. Indra est le roi des dieux (Vishnou, pour un vishnouite, est le Dieu des dieux).

Bien que la mythologie hindoue mentionne plusieurs classes d'êtres démoniaques (les rakshasas, les daityas, les dânavas, les pishâchas ou les non-dieux, les asuras), opposés aux esprits célestes (appelés devas), Gandarvas, Vidyadharas, elle ne croit pas au concept du Mal. « Les oppositions, dualités, polarités, sur lesquelles insiste tant l'hindouisme, ne sont pas constituées par des entités indépendantes, fixes, aux caractère immuables et contradictoires telles que le christianisme populaire se représente Dieu et le Diable.» Cela signifie que le mal dans le monde n'est pas attribué à une force supérieure mais à l'ignorance humaine et donc comme une conséquence possible du libre arbitre et de la Nature. La mythologie indienne n'oppose pas le Bien contre le Mal : les batailles sont celles de classes d'êtres contre d'autres, d'une idée contre une autre, où les plus nobles sortent victorieuses.

On trouve parmi les dévas, les Lopakalas (les divinités du védisme recyclées dans le panthéon du sanatana dharma), les navagrahas (les neuf planètes de l'astrologie indienne).

La syllabe mystique OM

Article détaillé : Om̐.
L'Omkara (ou Aum)

Om (ou Aum) est un des symboles sacrés de l'hindouisme. C'est le son primordial qui surgit du chaos avant la Création, il est la source de l'existence.
Il est utilisé comme préfixe et parfois suffixe aux mantras et à toute prière hindoue. Il représente la contraction des trois états de la matière : Sattva, Tamas et Raja, et représente l'univers.

Écrit « Om », il est la contraction de Aum, « m » étant la résonance et « o », la vibration originale.

Ôm en langue tamoule

Le son Ôm (ou Aum, ॐ) est empli d'un message symbolique profond : il est considéré comme la vibration primitive divine de l'Univers qui représente toute existence, entourant toute nature dans Une Vérité Ultime.

Ainsi, le son, produit d'une façon prolongée, résultat de la combinaison de trois sons A-U-M (de la triade à l'unité), signifie « ce qui a été, est et sera », et possède, pour ceux qui se vouent à la méditation, une force à la fois magique et religieuse. Une Upaniṣad affirme :

« Comme s'agglomèrent toutes les feuilles enfilées sur une tige qui les traverse, de même toute parole se fond dans le son OM. Le son OM est tout cet univers. »

Écoles et courants

Des élaborations philosophiques, constituant la source de ce qu'on appelle aujourd'hui « hindouisme », ont été transmises oralement pendant des siècles et ont commencé à être transcrites dans la première moitié du Ier millénaire av. J.-C. Le système religieux et culturel qu'on appelle hindouisme s'est développé dans le sous-continent indien et n'est que rarement sorti de ses frontières.

Les six grand

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